Nouvelle campagne de dénigrement de la e-cig par la presse marocaine

Presse-marocaineIl aura suffit d’un article paru dans la revue « Toxicologie Maroc« , la publication officielle du Centre Anti Poison du Maroc (CAPM), pour que la presse marocaine tire de nouveau à boulets rouges sur la cigarette électronique. En cause : un article faisant état de deux cas d’intoxication d’exposition survenus en janvier. Le premier suite à un contact cutané avec un e-liquide qui a déclenché hypotension et palpitations, le second par un jeune enfant qui a avalé une gorgée, ce qui heureusement n’a donné lieu à aucun symptôme.

Oui, les liquides utilisés dans les cigarettes électroniques contiennent de la nicotine. Oui, cette nicotine, qui possède un effet « stimulant » proche de celui de la caféine, lorsqu’elle est ingérée en grande quantité, est toxique.

Le CAPM est maintenant conscient de ce risque et le fait savoir au public. Les conclusions de son article feront consensus :

  1. Toujours tenir hors de la portée des enfants les dispositifs électroniques de délivrance de nicotine, les cartouches de nicotine et les accessoires servant au remplissage.
  2. Nécessité d’une législation marocaine sur le statut de ces produits, les conditions de fabrication et commercialisation (constituants, étiquetage, importation, vente, et publicité) et leur utilisation (récréative ou aide au sevrage tabagique

Ces 2 seuls cas d’empoisonnement d’exposition plutôt bénins ne suffisant sans doute pas à prouver les « dangers » de la chose, le docteur qui a rédigé l’article cite les chiffres très controversés du centre anti-poison américain, faisant état  de 1414 cas d’intoxication à la e-cig en 2013 et de 651 depuis le début 2014. D’après ces mêmes chiffres, on rappelle que le dentifrice ou l’encre des stylos sont 10 fois plus dangereux que les liquides nicotinés. Au Maroc, c’est un peu la même histoire : dans sont rapport sur l’année 2013, le CAPM a comptabilisé 10735 déclarations d’intoxication. Pour près de la moitié, les produits incriminés sont des médicaments (27%) ou des aliments (22%).

Mais il n’en fallait pas plus pour que les journaux marocains repartent en croisade contre cette invention qui sauve pourtant des millions de vies :

Le henné et l’e-cigarette au banc des accusés
L’économiste du 18/08/2014

Centre antipoison marocain pointe du doigt la cigarette électronique … Que faut-il faire de plus pour persuader les  vapoteurs de la nocivité de la cigarette électronique ? 
Libération du 16/08/2014

Les vapoteurs convaincus et tous les lecteurs objectifs de ces supports riront devant ces accroches alarmistes, mais cela nuit une fois de plus à la démocratisation de la cigarette électronique, reconnue par de nombreux experts comme un formidable moyen de sevrage tabagique.

A qui donc profite toute cette mauvaise publicité ?